{"id":788,"date":"2014-01-05T12:17:54","date_gmt":"2014-01-05T12:17:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tonyelumelufoundation.org\/?post_type=article&amp;p=788"},"modified":"2014-01-05T12:17:54","modified_gmt":"2014-01-05T12:17:54","slug":"plan-marshall-le-defi-de-lemploi-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tonyelumelufoundation.org\/fr\/articles\/marshall-plan-africas-employment-challenge","title":{"rendered":"Un \u00ab Plan Marshall \u00bb pour relever le d\u00e9fi de l&#039;emploi en Afrique"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-791\" alt=\"sel\" src=\"https:\/\/www.tonyelumelufoundation.org\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/salt-600x282.jpg\" width=\"600\" height=\"282\" \/><\/p>\n<p>Aux nombreux d\u00e9fis de l&#039;Afrique, ajoutez-en un de plus : le ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>Le ch\u00f4mage, ind\u00e9pendamment de tout autre facteur, menace de faire d\u00e9railler les promesses \u00e9conomiques que m\u00e9rite l\u2019Afrique. C&#039;est une bombe \u00e0 retardement sans fronti\u00e8res g\u00e9ographiques : les \u00e9conomistes s&#039;attendent \u00e0 ce que l&#039;Afrique cr\u00e9e 54 millions de nouveaux emplois d&#039;ici 2020, mais 122 millions d&#039;Africains entreront sur le march\u00e9 du travail pendant cette p\u00e9riode. \u00c0 ce d\u00e9ficit s\u2019ajoutent des dizaines de millions de personnes actuellement au ch\u00f4mage ou sous-employ\u00e9es, ce qui rend les cons\u00e9quences humaines et \u00e9conomiques presque trop importantes pour \u00eatre imagin\u00e9es.<\/p>\n<p>Ainsi, m\u00eame avec la forte croissance \u00e9conomique que nous avons connue au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, la cr\u00e9ation d\u2019emplois en Afrique reste beaucoup trop lente. L&#039;Afrique a besoin d&#039;une approche globale et coordonn\u00e9e semblable au \u00ab Plan Marshall \u00bb am\u00e9ricain en Europe apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Cet effort s&#039;est concentr\u00e9 sur la construction d&#039;infrastructures, la modernisation du secteur des affaires et l&#039;am\u00e9lioration du commerce. \u00c0 la fin du programme de quatre ans, l\u2019Europe avait d\u00e9pass\u00e9 sa production \u00e9conomique d\u2019avant-guerre.<\/p>\n<p>Nous pouvons et devons faire de m\u00eame pour l\u2019Afrique. Les entrepreneurs, les hommes politiques, les fondations philanthropiques et les organisations de d\u00e9veloppement \u2013 comme la Banque mondiale, la Soci\u00e9t\u00e9 financi\u00e8re internationale et l\u2019USAID \u2013 doivent tous travailler ensemble pour r\u00e9soudre la crise du ch\u00f4mage et faire de l\u2019Afrique un moteur de croissance. Si nous sommes d\u00e9pass\u00e9s par le d\u00e9fi de l\u2019emploi, l\u2019Afrique sera un frein \u00e0 la croissance et aux ressources mondiales pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Le Plan Marshall pour l&#039;Afrique devrait donner la priorit\u00e9 \u00e0 trois \u00ab\u00a0piliers\u00a0\u00bb interd\u00e9pendants du d\u00e9veloppement, qui travaillent tous ensemble pour former un cercle vertueux de croissance\u00a0: la r\u00e9forme politique et l&#039;engagement en faveur de l&#039;\u00c9tat de droit\u00a0; des investissements dans les infrastructures et un engagement \u00e0 d\u00e9velopper les industries manufacturi\u00e8res et de transformation de l&#039;Afrique. Ce cercle vertueux constitue le c\u0153ur de l\u2019Africapitalisme : les secteurs public, priv\u00e9 et du d\u00e9veloppement se r\u00e9unissent tous, unis dans un seul objectif de cr\u00e9ation d\u2019emplois et de richesse sociale.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, nous avons besoin de politiques gouvernementales \u00e9clair\u00e9es qui contribuent \u00e0 r\u00e9duire les co\u00fbts administratifs et op\u00e9rationnels pour les investisseurs et les entreprises. Nous devons rationaliser les processus d\u2019octroi de licences et de permis, r\u00e9duire les droits et tarifs d\u2019importation et assouplir les restrictions en mati\u00e8re de visa, entre autres r\u00e9formes. De telles politiques contribueraient grandement \u00e0 attirer les investissements, \u00e0 accro\u00eetre l\u2019esprit d\u2019entreprise et, \u00e0 terme, \u00e0 cr\u00e9er des emplois.<\/p>\n<p>Une politique gouvernementale \u00e9clair\u00e9e au Kenya et au Nigeria a d\u00e9j\u00e0 contribu\u00e9 \u00e0 faire progresser les secteurs des technologies de l\u2019information et des services financiers. Le projet pilote de Microsoft visant \u00e0 \u00e9tendre l&#039;acc\u00e8s au haut d\u00e9bit en Afrique d\u00e9pend de la politique gouvernementale qui lib\u00e8re des \u00ab espaces blancs \u00bb inutilis\u00e9s dans le spectre des \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision et de radio. La r\u00e9forme des services financiers dans plusieurs pays africains, \u00e0 commencer par le Nigeria, a permis \u00e0 United Bank for Africa de devenir une institution financi\u00e8re panafricaine. Le programme de privatisation du gouvernement a attir\u00e9 des milliards de dollars d&#039;investissements priv\u00e9s pour d\u00e9velopper l&#039;infrastructure \u00e9lectrique du Nigeria.<\/p>\n<p>Les gouvernements et le secteur priv\u00e9 doivent \u00e9galement s&#039;engager en faveur d&#039;institutions fortes et transparentes pour contribuer \u00e0 renforcer la confiance dans le climat des affaires en Afrique. Des pays africains comme le Botswana, le Rwanda et le Lib\u00e9ria ont fait d&#039;\u00e9normes progr\u00e8s dans ce domaine, m\u00eame si dans certains pays, la guerre et les troubles civils continuent de faire des ravages. Une croissance \u00e9conomique et une croissance de l&#039;emploi durables n\u00e9cessitent la cr\u00e9ation d&#039;un environnement s\u00fbr et fiable pour le capital, y compris des institutions civiles et juridiques solides, une transparence financi\u00e8re des entreprises (comme les efforts de la Bourse nig\u00e9riane pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l&#039;information financi\u00e8re des soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es), un environnement responsable et d\u00e9mocratique. des politiciens \u00e9lus et des march\u00e9s modernes, ouverts et transparents (comme les nouvelles bourses de mati\u00e8res premi\u00e8res que Heirs Holdings, Berggruen Holdings et 50 Ventures et ses partenaires sont en train de cr\u00e9er au sein d&#039;African Exchange Holdings). Des avanc\u00e9es agressives sur ces fronts politiques contribueront \u00e0 soutenir les piliers du d\u00e9veloppement que sont l\u2019investissement dans les infrastructures et l\u2019industrialisation \u2013 qui sont tous deux essentiels \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019emplois sur le continent.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me pilier du programme de d\u00e9veloppement de l&#039;Afrique doit \u00eatre l&#039;investissement dans les infrastructures, en particulier dans l&#039;\u00e9nergie et les transports, sans lesquels les entreprises ne peuvent fonctionner. Aujourd&#039;hui, plus de 70 pour cent de l&#039;Afrique subsaharienne n&#039;a pas acc\u00e8s \u00e0 l&#039;\u00e9lectricit\u00e9 et chaque augmentation de 1 pour cent des pannes d&#039;\u00e9lectricit\u00e9 r\u00e9duit le PIB par habitant de l&#039;Afrique d&#039;environ 3 pour cent. L&#039;acc\u00e8s \u00e0 une \u00e9lectricit\u00e9 abordable est essentiel pour lib\u00e9rer le potentiel de croissance du continent, en r\u00e9duisant les co\u00fbts et en favorisant la croissance des entreprises, y compris les entreprises locales qui cr\u00e9ent des emplois et des \u00e9conomies locales durables.<\/p>\n<p>Les infrastructures de transport promettent d\u2019avoir un impact tout aussi transformateur : les routes, les chemins de fer, les voies navigables et a\u00e9riennes constituent l\u2019\u00e9pine dorsale d\u2019une \u00e9conomie commerciale florissante. L\u2019Union africaine devrait encourager et adopter les projets de transport qui relient d\u2019abord les pays africains entre eux, puis avec nos partenaires commerciaux mondiaux. Des projets tels que la route \u00e0 p\u00e9age entre Entebbe et Kampala et l\u2019autoroute Kenya-Tanzanie faciliteront un plus grand commerce de produits agricoles et manufactur\u00e9s en Afrique. Consid\u00e9rez qu\u2019aujourd\u2019hui au Nigeria, 65 pour cent de nos produits se g\u00e2tent faute d\u2019infrastructures de stockage et sont difficiles \u00e0 exporter vers d\u2019autres march\u00e9s africains faute d\u2019infrastructures ferroviaires et routi\u00e8res.<\/p>\n<p>De grandes multinationales comme Diageo, Wal-Mart, Barclays et Microsoft intensifient leurs op\u00e9rations en Afrique malgr\u00e9 les d\u00e9fis infrastructurels. Dans certains cas, ils construisent m\u00eame leur propre infrastructure. Des politiques et des infrastructures physiques plus solides attireraient davantage d\u2019investissements de la part de ceux qui ne peuvent pas ou refusent de les d\u00e9marrer. Cela aiderait \u00e9galement les petites et moyennes entreprises \u00e0 cro\u00eetre plus rapidement, et ces entreprises sont les moteurs de la croissance de l\u2019emploi dans toute \u00e9conomie.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me pilier du d\u00e9veloppement de l&#039;Afrique doit \u00eatre le d\u00e9veloppement de nos industries manufacturi\u00e8res et de transformation. L&#039;Afrique n&#039;a pas la capacit\u00e9 de traiter et de raffiner ses propres ressources naturelles. Les mati\u00e8res premi\u00e8res telles que le p\u00e9trole, le cacao et l\u2019or sont exp\u00e9di\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, o\u00f9 elles sont transform\u00e9es en produits \u00e0 forte marge et souvent r\u00e9import\u00e9es en Afrique, ce qui co\u00fbte \u00e0 la fois des emplois et des devises fortes. Par exemple, le Nigeria exporte du p\u00e9trole brut puis importe de l\u2019essence co\u00fbteuse, alors que le pays devrait \u00eatre en mesure de raffiner le p\u00e9trole lui-m\u00eame, approvisionnant non seulement son propre march\u00e9, mais \u00e9galement d\u2019autres march\u00e9s \u00e0 travers l\u2019Afrique. Cette incapacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des produits finis dans le pays et \u00e0 les \u00e9changer avec d&#039;autres pays africains limite consid\u00e9rablement le potentiel de croissance du continent, et donc sa capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des entreprises, des emplois et de la richesse au sein des \u00e9conomies nationales africaines.<\/p>\n<p>Je crois que nous pouvons r\u00e9soudre le d\u00e9fi de l&#039;emploi en Afrique, mais seulement si nous nous concentrons de toute urgence sur ces trois piliers du d\u00e9veloppement et si nous acc\u00e9l\u00e9rons les tendances actuelles en mati\u00e8re d&#039;investissement et d&#039;affaires.<\/p>\n<p>De nombreux march\u00e9s boursiers africains g\u00e9n\u00e8rent des rendements exceptionnels, tandis que les capitaux institutionnels, de fonds communs de placement de d\u00e9tail et de capital-investissement affluent rapidement vers les march\u00e9s africains. De nombreuses multinationales et conglom\u00e9rats africains investissent massivement en Afrique.<\/p>\n<p>Toutefois, malgr\u00e9 ces investissements et cette croissance \u00e9conomique, l\u2019Afrique ne cr\u00e9e pas suffisamment d\u2019emplois. Selon la d\u00e9mographie, le temps ne joue pas en notre faveur. Mais avec un plan coordonn\u00e9 pour l\u2019emploi en Afrique, nous pouvons garantir un avenir productif et \u00e9conomiquement ind\u00e9pendant au continent et \u00e0 ses habitants.<\/p>\n<p><em>PHOTO : Un homme pr\u00e9pare des barres de sel \u00e0 vendre sur le march\u00e9 principal de la ville de Mekele, dans le nord de l&#039;\u00c9thiopie, le 24 avril 2013. REUTERS\/Siegfried Modola\u00a0<\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>To Africa\u2019s many challenges, add one more: unemployment. Unemployment, independent of any other factor, threatens to derail the economic promise that Africa deserves. 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